RER foule

Aux côtés de François DUROVRAY, Président du Conseil Départemental et de 70 élus, j’ai signé un courrier à Emmanuel MACRON, Président de la République, Edouard PHILIPPE, Premier Ministre, Elisabeth BORNE, Ministre des Transports et Guillaume PEPY, Président de la SNCF.

Le Gouvernement semble en effet admettre que la priorité en matière de transports publics doit enfin devenir les transports publics.
Une vision que je partage pleinement et que j’ai largement exprimée à l’époque où il était question de faire traverser l’Essonne par une nouvelle Ligne à Grande Vitesse : Paris Orléans Lyon Clermont (POCL). Un projet pour lequel on annonçait une dépense de 14 milliards d'euros (probablement plutôt 20 milliards en réalité) pour transporter une poignée de voyageurs chaque semaine, alors que dans le même temps on nous disait impossible de trouver les moyens nécessaires à l'amélioration réelle de la ligne D du RER qui transporte chaque jour 600 000 voyageurs, soit plus 2 fois le nombre de voyageurs quotidiens de tous les TGV de France réunis.

Que le Chef de l’Etat et le Gouvernement admettent que le tout TGV a été une erreur grave dont les usagers du quotidien des transports publics subiront encore longtemps les conséquences est une prise de conscience dont je me réjouis comme beaucoup.

Mais mes collègues et moi-même attendons de l’Etat qu’il joigne l’acte à la prise de conscience. Constater que 30 années de sous-investissement ont engendré une vétusté aujourd’hui avérée de nos infrastructures, et de facto leur inadéquation avec le trafic actuel, est une chose. Y remédier en est une autre et une urgente nécessité.

Car l’attractivité de nos territoires, dont la population croît régulièrement, passe nécessairement par la mise en place de solutions efficientes de transports qui redonnent confiance aux usagers du quotidien avant tout, mais aussi aux actifs, aux entrepreneurs, aux investisseurs. Avec la hausse ininterrompue de la fréquentation des trains du quotidien, la saturation de l’accès à Paris constitue aujourd’hui une réelle contrainte, et demain peut-être une barrière.

Mes collègues et moi-même nous inscrivons dans une démarche positive et nous voulons être force de proposition à travers le courrier que nous avons signés. Nous avons fait part au Président de la République, au Gouvernement et à la SNCF de l’intérêt partagé que nous portons pour un projet structurant pour les territoires concernés des trois régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Ile-de-France) et qui pourrait, dans un coût raisonné, lever de fortes contraintes de déplacement pour près de 30 millions d’habitants : la réalisation du « Terrier de Bercy », qui permettrait la désaturation d’un réseau sous tension actuellement.

Au niveau du complexe nœud ferroviaire Gare de Lyon/Gare de Bercy, le Terrier de Bercy améliorerait considérablement la robustesse des lignes D et R (600 000 usagers quotidiens) ainsi que des trains Intercités et TER (20 000 usagers quotidiens) desservant les deux gares.

Pour renforcer l’offre à destination de Paris de ces 30 millions d’habitants, soit autant d’usagers potentiels, l’achat de nouvelles rames ne suffira pas. La mise en œuvre d’investissements est en effet rendue nécessaire afin de permettre l’accès au cœur métropolitain de la région capitale et ainsi améliorer la capacité d’exploitation des avant-gares de Paris Lyon et de Paris Bercy dont l’accès est aujourd’hui saturé.

Si le Terrier de Bercy ne saurait résoudre à lui seul toutes les difficultés rencontrées par les usagers des transports du quotidien, ce projet et, de façon complémentaire, la création d’une troisième voie banalisée entre Paris Lyon et Paris Bercy, constitueraient une réponse forte permettant d’accroître le nombre de passages de trains vers ces gares en réduisant les conflits de circulation.

Une étude a été lancée à ce sujet en 2017 par Ile-de-France Mobilités et SNCF Réseau. Si les coûts demandent d’être affinés, ces travaux sont à ce jour estimés à 230 millions d’euros sur une durée de huit années. Ces délais ne sont pas, en l’état, acceptables.

Aujourd’hui, plus de 50% des retards au départ de la gare de Bercy sont liés à des conflits de circulation. Le Terrier viendrait remédier à cette situation et profitera à l’ensemble des trains desservant le complexe de Paris Lyon / Paris Bercy et empruntant les voies « M » :
• Lignes Transilien D et R
• Lignes Intercités et TER
• Lignes TGV

Par notre courrier, nous voulons peser pour qu’une décision favorable soit prise sur cet ouvrage qui, malgré son caractère très technique et localisé, s’avère un préalable incontournable à un accès direct pour tous, plus fiable et plus fréquent des habitants à Paris.

Nous avons par ailleurs rappelé que le rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures remis le 1er février dernier confirme l’intérêt de ce projet et le juge prioritaire dans un calendrier ambitieux et ce, quels que soient les scénarii retenus in fine par le Gouvernement :
« La commission estime qu’il convient d’engager les travaux dans les meilleurs délais, et classe le projet en premières priorités quel que soit le scénario financier considéré. »

Notre courrier veut sensibiliser les plus hautes instances de l’Etat sur l’occasion qui nous est faite de proposer une solution, un progrès pour une chaîne entière de transports, et ce pour plusieurs décennies. Nous espérons sincèrement que l’Etat ne passera pas à côté de cette opportunité et de ce défi pour l’avenir de tous les essonniens